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Sciences de la santé

Un nouvel espoir pour les patients atteints du cancer de la vessie

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Dr Wassim Kassouf

Professeur d’oncologie urologique, L’Université McGill & Président, Conseil consultatif et de recherche médicale de l’organisme Cancer de la vessie Canada

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Dr Yves Fradet

Chercheur en oncologie et professeur titulaire, Département de chirurgie de l’Université Laval

Une avancée dans la détection et le traitement du cancer de la vessie pourrait améliorer la vie des patients atteints de la maladie. Découvrez en quoi elle consiste et comment en bénéficier.

Comparativement à d’autres types de cancers plus médiatisés, le cancer de la vessie est moins connu du grand public. C’est pourtant le cinquième cancer le plus répandu au Canada, après le cancer du poumon, le cancer colorectal, le cancer du sein et celui de la prostate. Le tabagisme est la principale cause du cancer de la vessie. En 2017, 8 900 Canadiens ont reçu un diagnostic de cancer de la vessie, dont 3 000 au Québec.

Un outil efficace de détection et de traitement

Le cancer de la vessie est traditionnellement détecté à l’aide d’une cystoscopie à lumière blanche. Pendant cette intervention, le médecin introduit dans l’urètre un tube rigide muni d’une caméra et d’une lumière blanche et observe la vessie afin de repérer des anomalies. La cystoscopie permet aussi de faire une biopsie ou d’enlever une tumeur.

Une nouvelle technologie pourrait toute fois améliorer la façon dont on détecte et traite la maladie : la cystoscopie à lumière bleue (BLC). Avec cette procédure, un agent de diagnostic est préalablement introduit dans la vessie. Il est absorbé par les cellules cancéreuses, qui émettent alors une fluorescence rose lorsque soumises à une lumière bleue. Cette fluorescence permet aux médecins de mieux distinguer les lésions suspectes des tissus normaux. Avec une meilleure détection, les médecins peuvent mieux réséquer les tumeurs.

Pour le Dr Wassim Kassouf, professeur d’oncologie urologique à l’Université McGill et président du conseil consultatif et de recherche médicale de l’organisme Cancer de la vessie Canada, la technologie BLC comporte deux bénéfices majeurs : « Un, vous détectez davantage de tumeurs qu’avec une cystoscopie régulière à lumière blanche. Deux, en détectant et en enlevant plus de tumeurs, vous améliorez la qualité de la chirurgie et diminuez la récurrence du cancer. ».

La réapparition de la maladie constitue d’ailleurs un défi de taille. Selon la Société canadienne du cancer, environ 70 % des personnes atteintes d’un cancer de la vessieaur ont une récidive. Cela en fait le cancer avec le plus haut taux de récidive et, conséquemment, le plus coûteux.

Un traitement inaccessible pour les patients québécois

Bien que la cystoscopie rigide à lumière bleue ait été approuvée par Santé Canada en 2015, seuls quelques hôpitaux del’Ontario et de la Colombie-Britannique l’offrent à leurs patients. Au Québec, le gouvernement ne rembourse pas encore ce traitement aux hôpitaux. Le Dr Yves Fradet, chercheur en oncologie et professeur titulaire au département de chirurgie de l’Université Laval, croit que le coût additionnel engendré par le traitement serait contrebalancé par une réduction des récidives. « En effet, les tumeurs les plus fréquentes récidivent, mais elles sont rarement fatales. Les patients ont donc besoin de chirurgies répétées, de traitements intravésic aux avec de la chimiothérapie ou de l’immunothérapie, et un suivi par des examens répétés de la vessie, par l’urètre, presque toute leur vie. »

Ce qu’il suggère pour améliorer l’accessibilité au traitement pour les patients québécois? « Faire pression sur le gouvernement et les hôpitaux comme les gens l’ont fait en Colombie-Britannique et en Ontario. »

Faites pression sur votre gouvernement en envoyant un courriel à vos élus concernant l’accès au traitement BLC pour votre communauté via le site détectercancerdelavessie.ca.

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